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Naturel, biologique, équitable… ton univers impitoyable [part 2]

Vous est-il déjà arrivé :

  • De vous demander si vous pouvez acheter un produit certifié bio les yeux fermés ?

  • De vous demander pourquoi il y a des produits bio hors de prix et d'autres accessibles ?

De vous demander pourquoi vous retrouvez un ingrédient supposé "chimique" dans un produit certifié bio ?


Sans doute au moins une fois, avez-vous eu une ou plusieurs de ces interrogations !

Les produits bios ont en effet envahi tous les segments de distribution ces 10 dernières années, impossible de passer à côté.

Poussées par une demande de plus en plus pressante pour des produits plus sains, plus éthiques, plus écologiques, même les grandes marques se sont lancées, parfois avec succès, parfois sans conviction, dans le créneau du bio.

Pourtant, si aujourd'hui on sait (à peu près) en quoi consiste un produit certifié bio, on est dans le flou total en ce qui concerne la qualité réelle d'un produit de ce type.

Un label peut-il à lui seul garantir une bonne qualité, une bonne formule, des ingrédients sains, un aspect écologique ?

Après l'introduction avec les idées reçues sur les produits naturels/bio, je vous propose de rentrer dans le vif du sujet et de découvrir ce qu'il en est réellement (ou devrais-je dire ce qu'il n'en est pas réellement) et ce qu'on peut attendre et ne pas attendre d'un produit certifié bio.
Rappel : Si vous avez bien lu la partie 1 de cet article, alors vous savez déjà que nous n'allons pas parler ici de la qualité cosmétique des produits (texture, efficacité, aspect, rendu sur la peau/les cheveux, odeur...) mais bel et bien de l'aspect "naturel, sain, écologique" réel de ces produits.

Les produits certifiés bio

Pour cette catégorie de produits, les choses sont à priori assez simples, puisqu'un label (qui n'a donc pas vocation à garantir une qualité cosmétique) est simplement une aide au choix d'un produit, selon la charte du label concerné.

Quand on ne sais pas lire ou décrypter une liste d'ingrédients, qu'on a pas le temps de se documenter sur les ingrédients, qu'on ne veut pas se "prendre la tête", choisir un produit certifié bio permet de faire un tri rapide en évitant entre autres les célèbres "parabènes-silicones-sulfates" et -il faut l'avouer- de se donner bonne conscience dans notre société industrialisée, adepte de chimie nocive et/ou polluante à outrance.

En fin de compte, pour ce qui concerne les produits certifiés bio, il suffit de lire la charte du label bio concerné, et vous savez que tous les produits certifiés par cette charte ont au moins X% d'ingrédients bio, X% d'ingrédients naturels, X% d'ingrédients synthétiques, ne sont pas testés sur les animaux (pour rappel, tous les cosmétiques vendus en Europe sont interdits de tests sur les animaux), ne contiennent pas d'ingrédients génétiquement modifiés ou saturés de pesticides, polluants, etc...

Que le produit soit une réussite ou une daube, efficace ou totalement inutile, qu'il vous donne des boutons ou embellisse votre visage, ça, ce n'est plus du ressort du label, qui est et qui restera toujours... une aide au choix, donc.

J'aurais pu m'arrêter là et passer directement à la partie suivante sur les produits dits "naturels".
Mais étant donné que vous savez parfaitement depuis que vous lisez ce blog qu'on est pas dans un monde de bisounours, étant donné que le soleil n'est toujours pas revenu et que la grisaille n'aide pas à être fleur bleue, je vais encore une fois ranger ma langue de bois pour vous dire ce qu'il en est réellement.

Premier point, si vous cherchez aujourd'hui à savoir ce qu'il y a dans un référentiel bio (document qui régit toutes les normes et contraintes d'un produit certifié bio), vous allez probablement tomber sur un document de 20 pages aussi digeste qu'un décret portant création du Conseil national de l'innovation pour la réussite éducative.

De fait, 8 personnes sur 10 pensent encore aujourd'hui qu'un produit certifié bio contient 95% d'ingrédients bio (l'exigence réelle étant de 10%).

Aujourd'hui, si vous souhaitez faire certifier un produit, on vous demandera donc de respecter le référentiel pour vos formules, de payer une certaine somme pour les démarches de certification, une cotisation annuelle pour renouveler votre label et vous avez un produit certifié bio.

Une aide utile au consommateur mais pas que !

Le consommateur qui est en face d'un produit certifié bio est rassuré de se tourner vers ce produit : son choix par rapport à un produit conventionnel est facilité, le label est synonyme de confiance, il sait en gros ce qu'il y a dedans et ce qu'il n'y a pas dedans.

Il y a cependant un paradoxe qui existe (encore un) dans les restrictions exigées par les chartes bio, et vous allez voir qu'ils est assez déroutant...

D'un côté, certains ingrédients sont interdits par des labels bio, sous prétexte qu'ils ne sont pas issus directement de la nature, mais synthétiques. Ceci, alors qu'il ne sont ni polluants, ni nocifs pour la santé !

C'est le cas du Panthenol ou Provitamine B5, un actif hydratant et apaisant hors pair qui n'existe pas sous sa forme active à l'état naturel. C'est le cas également de l'urée, un actif hydratant et kératolytique très performant. Tous 2 interdits encore récemment par certains labels bio.

Est-il utile de préciser ici que l'origine naturelle ou synthétique d'un produit ne définit pas sa nocivité ni son côté écologique ? Certains actifs issu de biotechnologie ont fait preuve de leur efficacité et sont utilisés avec succès dans des produits. Synthétique ne veut pas forcément dire "chimique" polluant ou nocif, il définit un produit qui n'est pas issu directement de la nature (comme peut l'être une huile végétale), mais synthétisé en laboratoire.

D'un autre côté, certains ingrédients qui n'ont rien à voir avec une cosmétique biologique ou même naturelle se retrouvent allègrement dans des produits certifiés bio. Selon les labels, voici ce qui est autorisé et qu'on peut donc trouver dans un produit certifié bio :

Des ingrédients irritants et/ou en partie issus de la pétrochimie et/ou obtenus par des procédés lourds et polluants, peu biodégradables :

  • Le Cocamidopropyl bétaine, moyennement irritant mais dont la partie "Propyl" indique une chimie issue du pétrole.
  • L'Ammonium lauryl sulfate irritant, bien qu'assez bien biodégradable.

Ces 2 tensioactifs (agents lavants) constituent la base lavante de 98% des shampoings/gels douche bio vendus en grande surface.

  • L'Isopropyl palmitate ou myristate, substituts d'huile minérale, dont la partie "Propyl" indique une chimie issue du pétrole.
  • Le Stearamidopropyl dimethylamine, dont la partie "Propyl" indique une chimie issue du pétrole (interdit par les labels bio français mais autorisé par le label bio allemand).
  • Guar hydroxypropyltrimonium chloride, un dérivé transformé de la gomme guar qui sert d'agent conditionnant capillaire dans les shampoings, après-shampoings et crèmes coiffantes capillaires.

Ces 2 derniers ingrédients sont des agents quaternaires dont je vous avais parlé ici et sont présents dans 95% des après-shampoings certifiés bio.

Pourquoi ces ingrédients sont-ils acceptés dans des produits bio ?

Parce que ce sont des ingrédients très peu chers, qui permettent d'avoir un effet comparable à celui des cosmétiques conventionnels avec des formules faciles à mettre en oeuvre. Les labels les autorisant font donc un compromis très généreux à l'égard des fabricants.

De fait, ils sont plus proche des ingrédients chimiques que des ingrédients naturels. Ce que j'appelle du "Cheap pseudo-naturel facile".

La réalité, c'est que sans ces petits "arrangements", il n'y aurait probablement pas ou très peu de crèmes, shampoings et après-shampoings bio vendus en grande surface (donc peu chers) aujourd'hui.

Vous remarquerez que je parle de "produit vendu en grande surface" comme "référence" ici.

Je précise que le circuit de distribution a en général peu à voir avec la qualité des produits. Simplement, étant donné les prix accessibles pratiqués dans ce secteur, il y a plus de chances que le fabricant fasse des compromis "financiers" de ce type sur les ingrédients.

Le Stearamidopropyl dimethylamine et la Guar hydroxypropyltrimonium chloride par ailleurs, étant souvent retrouvés dans des shampoings et après-shampoings vendus en magasins bio ou en circuit spécialisé.

A noter que certains fabricants de produits bio décident par éthique, de ne pas utiliser ces ingrédients, bien qu'ils soient autorisés !

De même, certains fabricants ne se contentent pas des 10% d'ingrédients bio requis (par ailleurs souvent constitués d'eaux florales peu chères et sans grand intérêt dans certaines formules, dans le seul but de faire "le minimum" pour obtenir la certification), mais vont au delà, en utilisant des ingrédients qualitatifs telles les huiles végétales bio bien au delà de 10%.

Quelles conclusions peut-on en tirer ?

En définitive, de 2 produits équivalents, l'un conventionnel et l'autre bio, il y a de grandes chances pour que le produit certifié bio exclue au maximum une chimie lourde, des ingrédients nocifs et comporte une part relative d'ingrédients bio, des packs recyclables, au contraire d'un produit conventionnel.

Une certification bio est un bon moyen de tri pour le consommateur, dans la mesure où il y a un référentiel (donc un cadre commun) pour qu'un produit soit certifié.

Mais il serait illusoire de penser qu'un label est une garantie sans faille pour le produit qui le comporte, car nous l'avons vu, les labels font aussi des compromis très discutables quant à l'utilisation de certains ingrédients.

Ces ingrédients discutables se retrouvent encore aujourd'hui dans des produits certifiés bio, de même que jusqu'en 2008, l'utilisation de parabènes était autorisée dans des produits bio, quand ces parabènes ne servaient pas à conserver le produit même, mais l'un des ingrédients présents dans la formule. Cherchez l'erreur !

Ce souci de "complaisance" et de "paradoxes" dans les produits certifiés bio subsistera tant que certains labels ne conjugueront pas systématiquement "absence de dangers sanitaires" et "écologie" .

Aujourd'hui, en ce qui concerne certains ingrédients, en satisfaisant l'un ou l'autre, on peut obtenir une certification.

Vous admettrez qu'il est plutôt incongru de bouder un après-shampoing conventionnel contenant du Cetrimonium chloride polluant et irritant, pour se tourner vers un après-shampoing bio contenant de la Guar hydroxypropyltrimonium chloride, moins irritante mais tout aussi polluante !

Est-il utile de préciser qu'un ingrédient obtenu par un procédé polluant, pollue aussi les milieux aquatique, les sols et que nous mangeons ensuite ce qui s'y trouve /y pousse ?

Il est judicieux de s'orienter vers un produit bio pour un premier tri, tout en restant vigilant quant à la réelle "naturalité" de ses composants.

Dans la 3ème et dernière partie de cette série "Naturel, biologique, équitable… ton univers impitoyable", je vous propose de découvrir ce qui se cache cette fois derrière les produits dits "naturels".

Vous verrez que pour ceux-ci, c'est une vraie jungle inextricable, aussi confuse et subjective qu'il y a de marques positionnées sur ce créneau ! D'ici là, ne vous fiez pas aux apparences, ouvrez l’œil et le bon !

A lire aussi

Naturel, biologique, équitable... ton univers impitoyable [part 1]

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Le moment est venu de s'attaquer à la 3ème et dernière partie de cette saga "Naturel, biologique, équitable" : il s'agit des "produits naturels".


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4 commentaires Laisser un commentaire
RépondreClara - 25/05/2013

supers articles, je suis emballée!…J’avais lu Rita Steins et j’essaie de faire attention à ce que j’achète (sans devenir un ayatollah) mais j’avoue ne toujours pas avoir trouvé un seul shampoing à la composition irréprochable qui me réussisse et me fasse de beaux cheveux….je continue ma quête , si vous avez des recommandations…. Sinon, quelle est votre pensée sur les actifs anti-rides des « mauvaises » crèmes? renonce-t-on à des produits chimiques efficaces quand on prend des alternatives naturelles/bio?
Alice Roux - 25/05/2013

Merci Clara pour votre commentaire !

Je ne peux que vous conseiller de telles lectures ! Rita Stiens a une vision que je partage grandement sur la cosmétique naturelle.
Elle partage une analyse et une lucidité que je trouve justes, dû au fait qu’elle n’est pas issue d’une discipline de chimie, mais avant tout adepte d’écologie de naturel sans être non plus fermée à la modernité par pur principe.
Les produits capillaires et les shampoings en particulier sont les produits les plus compliqués à formuler au naturel (ou bio), c’est pour cette raison que peu de marques s’y essaient.
Et si certains produits comme des shampoings naturels/bio existent, bien souvent ils sont parfaits sur le papier en terme de composition, mais se rapprochent rarement des shampoings conventionnels (très bonne mousse, cheveux doux et non rêches, bonne rinçabilité).
Mais il n’est pas impossible d’y arriver et on espère que l’avenir nous donnera raison, chez nous ou dans d’autres marques naturelles.

Concernant les actifs anti-rides, il convient de déterminer la part du réel et celle des promesses farfelues.
Un bon anti-rides est avant tout un très bon hydratant, c’est un fait. Pas un produit purement aqueux, comme certains sérums qu’on peut trouver, mais bel et bien un bon équilibre entre eau/lipides et actifs. Concernant les actifs anti-rides même, la plupart qui sont vantés aujourd’hui sont bel et bien des actifs compatibles avec des formulations naturelles/bio.
L’acide hyaluronique est un bon exemple (sachant qu’il est avant tout un excellent hydratant), le Retinol est également un composé naturel, de même que la toxine botulique après tout ????
Certains actifs marins ou végateux également, je pense par exemple au Chitosan ou aux MucoPolySaccharides marins extraits d’algues et il y en a beaucoup d’autres.

Formuler au naturel exige de faire certaines concessions, mais ce ne sont pas forcément celles qu’on croit (limite des ingrédients, des actifs, des agents de texture…)
Je suis persuadée qu’il existe aujourd’hui tout ce qu’il faut pour faire des produits naturels performants, quelle que soit la formulation (visage, cheveux, corps, etc…).
La seule limite de mon point de vue étant plutôt la connaissance (ou devrais-je dire la méconnaissance) des ingrédients naturels, la volonté de repousser leurs limites (et elles sont vastes) et bien entendu leur coût.
En dehors de ça, je ne vois pas ce qui justifierait aujourd’hui que les produits naturels/bio soient moins efficaces/sensoriels/plaisants que les cosmétiques conventionnels.

Bien à vous,
Alice.
RépondreNelly - 14/05/2013

Décidément, j’aime le ton de tous les articles, ça colle à mon état d’esprit d’acteur de la beauté, persuadée que le label n’est pas THE solution, mais que se casser la tête à faire les formules les plus pointues et saines possibles, mieux qu’un label ecocert de base, c’est ÇA, l’avenir.
Bravo. Et que Denovo gagne sa notoriété jour après jour ????
Alice Roux - 17/05/2013

Merci Nelly :)
Votre commentaire a bien été posté, merci pour votre contribution !